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Expansion de Waste Management à Magog: Québec continue d'étudier

 

Comment expliquer que Québec étudie toujours, neuf mois après la consultation publique, la demande d'expansion de Waste Management à Magog alors que la communauté refuse le projet?

Quelle que soit la réponse à cette question, le préfet de la MRC de Memphrémagog, Roger Nicolet, avoue être préoccupé par la situation.

"Nous avons tenté à plusieurs reprises de connaître la décision de Québec quant à ce projet de nouveau site d'enfouissement, mais sans succès, confie M. Nicolet. On aimerait que cette affaire soit classée. On aurait beaucoup de difficulté à accepter un oui de la ministre. Mais elle a tous les pouvoirs."

Présentement, le dossier se trouve entre les mains des fonctionnaires du ministère de l'Environnement. Ils émettront éventuellement une recommandation à la ministre Line Beauchamp, qui fera par la suite connaître sa décision.

"Tout peut arriver"

Le préfet de la MRC de Memphrémagog dit espérer que les "fonctionnaires ont pris acte de la position régionale" à l'égard du projet. Sherbrooke, Magog et sa MRC sont toutes opposées à sa concrétisation puisqu'elles jugent qu'il existerait un risque de contamination du lac Memphrémagog, qui alimente en eau des dizaines de milliers de foyers.

"On a déjà eu notre part de décisions gouvernementales qui nous ont affectés dans les dernières années", lance Roger Nicolet, en faisant allusion à la conduite du dossier Mont-Orford par Québec.

D'après lui, si le processus d'analyse se poursuit, c'est sans doute parce que Waste Management presse le gouvernement d'autoriser son projet. "Elle a des moyens supérieurs aux nôtres. Elle doit avoir fait de nouvelles représentations", suggère-t-il.

À ce sujet, la présidente de Memphrémagog conservation inc. (MCI), Gisèle Lacasse-Benoit, remarque qu'un site d'enfouissement "vaut des millions de dollars", ce qui pousserait les entreprises à se montrer insistantes.

"Québec serait mal venu d'accepter ce projet. Il y a d'autres alternatives. Mais tout peut arriver encore. Nous sommes donc inquiets. D'une certaine façon, ce projet rappelle celui de Coventry aux États-Unis", soutient Mme Lacasse-Benoit.

"Pour le moment, on attend. Je crois toujours que le BAPE était la bonne instance pour analyser ce dossier. On verra ce qu'on fait si la ministre autorise le projet et quels arguments elle aura retenus, si c'est le cas."

Au cours des derniers jours, La Tribune a contacté le cabinet de la ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs afin d'obtenir plus d'informations. L'attaché de presse, Philippe Cannon, n'a toutefois offert aucun renseignement additionnel.

Rappelons que la commission du Bureau d'audiences publiques sur l'environnement a conclu dans son rapport, transmis à la ministre Beauchamp en septembre dernier, que le projet ne représente que peu de danger sur le plan environnemental.

Toutefois, elle insiste sur l'opposition manifestée par le milieu.

 

Source : journal LA TRIBUNE, mardi 18 mars 2008,  par Jean-François Gagnon


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